On comprend parfois beaucoup de choses devant une machine à laver. Endroit étrange, surtout pour un homme. Devant la machine à laver donc, plus précisément devant la couleur triste à pleurer de mon polo. Vous savez, ce polo symbole de la France, cette institution qu’autrefois l’on se passait de frère en frère, entre frères et sœurs (il était alors unisexe le bougre) et que même le petit cousin Antoine n’arrivait pas à achever en jouant aux indiens au fond du jardin... Ma dernière acquisition n'a pas même passé l'été et quelques lavages.

J’ai alors compris que nos habitudes vestimentaires avaient 10 ans de retard sur nos habitudes alimentaires. Nous en sommes toujours à croquer le veau gras, celui là même que nos parents allaient adorer chaque samedi devant des montagnes de poulets dorés à l’antibiotique et de légumes sous vitaminés d'hypermarchés aux couleurs trompeuses… Il est malheureusement peu probable qu’une vague de « pulls fous » ait sur nos habitudes vestimentaires le même impact qu’eurent sur notre alimentation ces vaches hagardes et tremblotantes. La situation est pourtant bien la même, tous ces vêtements à portée de main pour seulement quelques euros (quoi que !, voir mon polo !) ne sont qu’un leurre, celui de l’abondance. Mais à quel prix ? Celui de layettes ne contenant plus que quelques microgrammes de laine véritable, de vêtements jetables pas plus épais que des mouchoirs en papier…

Pourtant la qualité existe, là comme ailleurs ; elle a le seul petit inconvénient de s’appeler « luxe ». 

Dès lors, réunir le légitime désir consumériste de mode à celui du fait maison m’est apparu comme une belle piste à suivre pour s'offrir le luxe de la qualité. Vous avez de l'or dans les mains mesdames, alors DIY!

Xavier de Matto Mikis